Droits de l’enfant : les directeurs d’école contre Base élèves confortés par l’ONU
Par CnR ;-) le dimanche 14 mars 2010, 16:11 - Arguments - Lien permanent
En novembre 2009, le Collectif national de résistance à Base
élèves, la Ligue des droits de l’Homme et le syndicat enseignant SNUipp-FSU
Isère sont intervenus auprès de la Rapporteuse spéciale en faveur des
directeurs menacés de sanctions parce qu’ils refusaient d’inscrire leurs élèves
dans le fichier “base élèves”.
Le rapport présenté au Conseil des Droits de l’homme par la Représentante du
Secrétaire Général des Nations Unies sur la situation des Défenseurs des droits
de l’homme dans le monde vient d’être publié. Il révèle que le 10 décembre
2009, la Rapporteuse spéciale, conjointement avec le Rapporteur spécial sur le
droit à l’éducation et le Rapporteur spécial sur les droits de l’homme des
migrants sont intervenus auprès du gouvernement français. Le gouvernement
français n’a toujours pas répondu à leur demande. Aujourd’hui la Représentante
«exhorte le Gouvernement à répondre au plus vite aux craintes exprimées dans
celles-ci». (Les échanges sont secrets jusqu’à la date de la parution du
rapport.)
Aux paras. 839 et suivants (page 128 du document — le télécharger au format
.pdf), se trouve résumée la communication envoyée le 10 décembre dernier aux
autorités françaises en faveur des directrices et directeurs isérois menacés de
perdre leur poste parce qu’ils refusent de ficher les enfants. (Les faits, bien
qu’avérés, sont relatés au conditionnel du fait que le Ministère n’a pas donné
de réponse.)
Le Collectif invite les directrices et directeurs d’école à ne pas se laisser
intimider par des menaces orales et à communiquer tout document les concernant
faisant état de menaces. Le collectif se chargera de les transmettre à Madame
la Représentante du Secrétaire Général des Nations Unies sur la situation des
Défenseurs des droits de l’homme.
Le Collectif demande aux inspecteurs de circonscription et aux inspecteurs
d’académie de retirer leurs menaces de sanctions et de prendre enfin en compte
le refus légitime de fichage des enfants.
Le Collectif demande au Ministre de l’Education nationale de supprimer la Base
élèves et la Base nationale des identifiants élèves, considérant que seuls des
renseignements chiffrés ne peuvent sortir des écoles.
Lettre d’allégations
839. Le 10 décembre 2009, la Rapporteuse spéciale,
conjointement avec le Rapporteur spécial sur le droit à l’éducation et le
Rapporteur spécial sur les droits de l’homme des migrants, a envoyé une lettre
d’allégation au Gouvernement reçues au sujet de la mise en oeuvre d’un logiciel
de données « Base-élèves premier degré » au sein de l’Education nationale dans
lequel sont inscrites des données nominatives concernant les enfants scolarisés
dans les établissements scolaires, et dont les directeurs d’écoles sont dans
l’obligation d’y inscrire tous les élèves scolarisés dans leur
établissement.
840. Le 9 octobre 2009, MM. Claude Didier, Michel
Duckit et Rémi Riallan et Mmes Elisabeth Heurtier et Patricia Arthaud,
directeurs et directrices d’écoles dans le département de l’Isère, auraient
reçu une lettre de l’inspection académique de leur département leur demandant
d’enregistrer les élèves de leurs établissements dans le fichier informatique
Base élèves premier degré, sous peine de sanction allant jusqu’au retrait de
leur postes. Le courrier de l’inspection académique préciserait que cette
saisie devait être effectuée au plus tard le 25 octobre 2009.
841. MM. Didier, Duckit et Rallian et Mmes Heurtier et
Arthaud auraient déjà fait l’objet de sanctions disciplinaires en raison de
leur refus d’appliquer l’arrêté du 20 octobre 2008 portant création de la Base
élèves premier degré au motif que le fichier serait contraire au droit des
enfants et de leurs familles au respect de leur vie privée. Plusieurs retenues
de journées de salaire auraient été effectuées à l’encontre de ces directeurs.
Par ailleurs, M. Jean-Yves Le Gall se serait vu retirer son poste de directeur
et aurait été muté d’office pour les même raisons.
842. Il est également allégué que plus d’un millier de
plaintes auraient été déposées par des parents pour enregistrement illégal de
leurs enfants dans la Base élèves premier degré. Le Conseil d’Etat aurait été
saisi de cette question. Les requérants, ainsi que les directeurs d’école,
demanderaient à ce que soient respectées les observations et recommandations
récemment adoptées par le Comité des Nations Unies des droits de
l’enfant.
843. Des craintes ont été exprimées quant au fait que
les mesures disciplinaires prises à l’encontre de ces directeurs et directrices
d’école ainsi que les menaces de sanctions disciplinaires soient liées à leurs
activités non violentes de promotion et de protection des droits de l’homme,
notamment du droit au respect de la vie privée. Des craintes sont également
soulevées au sujet de la conservation de données nominatives des élèves pendant
une durée de trente-cinq ans, et du fait que ces données pourraient être
utilisées pour la recherche des enfants de parents migrants en situation
irrégulière ou pour la collecte de données sur la délinquance.
Observations
844. La Rapporteuse spéciale remercie le Gouvernement
pour sa réponse en date du 8 septembre 2009, mais regrette, au moment de la
finalisation du présent rapport, l’absence de réponse à sa communication du 10
décembre 2009. Elle considère les réponses à ses communications comme partie
intégrante de la coopération des gouvernements avec son mandat.
Elle exhorte le Gouvernement à répondre au plus vite
aux craintes exprimées dans celles-ci. »
Source et compléments sur le site de la LDH Toulon: http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article3796













