Compte rendu de l’après midi action sanitaire et sociale du 10 novembre à Toulouse
Par CnR ;-) le mercredi 10 décembre 2008, 23:07 - Bilans - Lien permanent
Ordre du jour : Bilan de la journée action sociale des 4 et 5 octobre à Paris, Bourse du travail : Rencontres de l’action sociale – débat organisé et animé par MP4.
Débat avec la salle – animé par Joël Dutertre – médecin généraliste - prévention soin à Montfermeil – MILH
et Frédéric Font : assistant de service social généraliste – animateur du Comité de Résistance Social.
Propositions et constructions d’alternatives.
Déclaration d’entrée en Résistance des professionnel-le-s du Social
Place du Capitole, autant que possible.
Très vite s’est fait ressentir le besoin de se connaitre et d’ échanger entre les 80 participant-e-s, usagers, citoyen-ne-s, militant-e-s associatifs, professionnel-le-s et étudiant-e-s présent-e-s au cours de l’après midi.
Je ne vais pas procéder au compte rendu exhaustif des échanges mais mettre en évidence l'enemble des propositions faites pour les prolonger par des perspectives que nous pourrions décider de mettre en oeuvre lors de la prochaine réunion du Conseil national de la Résistance le 25 novembre 2008 à 20 h 30 aux Pavillons sauvages ( rue Dagnaux)
Les débats de l'après midi ont dépassé le seul cadre professionnel des acteur de l’action sanitaire et sociale même s’il a été fait état des diverses mobilisations et malaises existant-e-s chez les professionnel-le-s de ces secteurs et champs d’intervention.
A noter une mobilisation début décembre contre le projet, déjà bien entamé, d’un démantèlement progressif de l’hopital La Grave, privant ainsi Toulouse d’un lieu d’hospitalisation en centre ville.
A noter que l’hopital garde encore l’accueil Sdf, mais pour combien de temps encore ?
Il a été question de repolitisation du débat sur un plan citoyen comme professionnel.
Le constat a été fait qu’il y a un manque de structure qui répondent aux attentes des citoyen-ne-s et des professionnel-le-s du secteur.
Nous notons bien sur que des associations et des syndicats tels le syndicat de la Magistrature, l’Union de la psychiatrie ainsi que les réseaux comme éducation sans frontières, les collectifs anti délation (l’ensemble des organisations militantes n’ ont pas été citées)…sont impliqués dans des actions militantes et sanitaires et sociales.
L’organisation en réseaux, en interelations les un-e-s avec les autres, semble une forme appropriée pour la construction d'une alternative.
Le thème fédérateur est le lien social ou le « liant social » qui fut le thème de la journée du Conseil national de la Résistance du 10 novembre.
En ce sens, l’action sociale dépasse le seul cadre des professionnel-le-s.
Le social est l’affaire des citoyen-ne-s, usagers ou pas, professionne-le-s ou pas, en activité salarié bénévoles ou privé-e-s d’emploi et les étudiant-e-s.
Il en est de même pour le secteur sanitaire et bien d’autres services publics.
Quelles seraient les formes d’interrelations, d’interactions à construire pour re-construire une action sociale qui fasse du lien social ?
Il est important d’organiser les conditions d’une résistance individuelle et collective.
Seulement nous nous sentons, plutôt à raison à l’heure actuelle, «attaqué-e-s de toutes part ».
Cela a tendance à diviser les fronts plutôt qu’à les nourrir, à enrichir « la mobilisation ».
La mobilisation de masse à ses limites.
L’éducation populaire, passant par l’action subversive et non violente ; Le vecteur artistique ayant été évoqué comme un des moyens non violent ( théâtre forum, slam et autres vecteurs d’expression ) de subversion.
Une prise de conscience individuelle, ou plutôt une conscientisation citoyenne, qu’elle soit (de plus) professionnel-le-s ou pas parait nécessaire au processus d’évolution.
Pour cela, des moyens de conscientisation individuels et collectifs restent à ré inventer, sans pour cela ne partir de rien.
Constats : Il semble difficile de s’appuyer pour le moment sur les orga syndicales et politiques qui sont globalement absentes aujourd’hui du débat citoyen et politique.
- Une opposition reste à reconstruire.
- des propositions restent à construire et à mettre en oeuvre.
Ainsi il semble nécessaire de s’appuyer sur l’auto-organisation, des formes d’organisation autogestionnaires, pour résister.
En ce sens plusieurs propositions ont été faites.
Elles seront reprises lors de notre prochaine réunion du Conseil national de la Résistance le 25 nov. pour en étudier la faisabilité.
Les Propositions :
1- Ainsi le Comité de Résistance Social, organisateur de l’après midi, propose la constitution d’un groupe de vigilance constitué de citoyen-ne-s, professionnel-le-s (en poste ou pas) et d’étudiant-e-s et d'usagers ou pas du service social dans un premier temps.
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pour venir en soutien des professionnel-le-s qui seraient en difficulté vis-à-vis d’une situation professionnelle déterminée, ceci par rapport à la déontologie, l’éthique et la législation.
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Qui recenserait les situations rencontrées pour, à partir d’un travail d’analyse constituer des protocoles d’intervention en service social.
Ce groupe travaillerait en réseau avec l’initiative proposée par MP4 (Mouvement pour une parole politique des professionnel-le-s du champ social) afin de mutualiser les compétences et contribuer à une dynamique nationale sur la question. (cf en fin de CR le point d’info que nous n’avons pas eu le temps d’aborder durant l’après midi)
La démultiplication des réseaux sera recherchée par des prises de contact et la construction de coopérations sur l'ensemble du territoire national et plus si possible...
Ce groupe contribuerait à définir à partir des réalités vécues une politique sociale alternative à la situation actuelle.
Concrètement le groupe pourrait se pencher sur la question des dispositifs, des moyens locaux disponibles, des manques et ainsi faire remonter les besoins non couverts ou militer pour défendre les droits des usagers et des citoyen-ne-s.
2- Par ailleurs, une (ou des) prochaine(s) soupe populaire organisée dans des lieux signifiants aujourd’hui le capitole, action de solidarité symbolique sur la place publique, mettant en œuvre une forme de redistribution des richesses au moment où « on nous vend » la crise financière où par ailleurs certain-e-s s’en mettent plein les poches quand on demandera aux autres, souvent les mêmes de se serrer la ceinture.
La place publique, l’ANPE, la Caf …les services publics privatisé ou pas paraissent des lieux adaptés pour réaliser ce genre de manifestation pacifique.
La mise en scène théatrale, « spectaculaire » qui ne doit pas pour autant s’exempter d’être subversive permettrait l’émergence d’une « insurrection des consciences » constructive.
3- Le théatre forum, l’initiative du Bazar au Bazacle autour du 1 er mai, et en suivant le projet d’états généraux jusqu’au 6 mai comme proposé par le CnR, une expo au musée d’art moderne sur les « objets de la misère » ainsi qu’un jour férié décrété par les citoyen-ne-s courant mars par exemple sont des perspectives qui ont été proposées pour prolonger la journée de mobilisation des consciences du 10 novembre.
4- Une manif de droite, des outils d’info tels les projections débats autour de quelques thèmes centraux, séminaires, le cahier du CnR constituent des outils de cette prise de conscience.
….
Point d’info* issu des travaux des 4 et 5 octobre (*nous n’avons pas eu le temps d’aborder ce point là) :
Devant la situation dans le secteur social et les conséquences de la mise en œuvre de la LOLF (loi de finance) et de la RGPP (Réorganisation générale des politiques publiques) un collectif s’est constitué en région parisienne pour l’instant. Ils, elles effectuent une permanence tous les jeudi soir au CEDIAS à disposition des travailleurs médicaux sociaux, des citoyen-ne-s et usagers (?) pour organiser une résistance active et créatrice.
Devant la disparition programmée de la DGAS prévue dans la RGPP, remplacée par les ARS (agence régionales sociales), il est question à terme de créer une DGAS en exil. Pour le moment une « commission de propositions » est envisagée. Elle pourrait être à l’initiative de colloques et séminaires, animer un observatoire de l’action sociale pour permettre de dégager pour les professionnel-le-s des marges de manœuvre explicites qui leur permette d’exercer leur travail. Ces propositions seront débattues le 29 novembre à Paris. Quelqu’un d’entre nous pourrait s’y rendre. A défaut, nous nous tiendrons informé-e-s des suites données pour organiser des coopérations.
Une déclaration d’entrée en résistance a été rédigée par MP4 et lue ce jour, le 10 novembre à Paris, place des droits de l’homme au Trocadéro à Paris.
Nous souhaiterions avoir des info de cette initiative sur Paris ainsi que les perspectives qui pourront être données.
L’ensemble de ces propositions seront ré étudiées lors de la prochaine réunion des CnR 31, 09, 81 et 65 prévue le 25 novembre à 20 h 30 aux Pavillons Sauvages, 23 rue Jean Dagnaux à Toulouse (métro Minimes)
Contacts :
Cnr31@conseilnationaldelaresistance.fr
Blog CnR Midi Pyrénées média support de diffusion de nos projets et travaux :













Commentaires
Nous refusons la politique de la peur
Les annonces de Nicolas Sarkozy, le 2 décembre, au centre hospitalier spécialisé Erasme, à Antony, sont en remarquable continuité avec les décisions prises depuis l'époque où il était ministre de l'intérieur : loi sur la prévention de la délinquance, amputée de ses articles portant sur les malades mentaux, mais finalement réintroduits dans leur essence dans la loi de rétention de sûreté, fichier Edvige, et maintenant loi sur l'hospitalisation psychiatrique.
L'amalgame organisé depuis la loi du 30 juin 1838 entre ordre public et obligation de soins trouve aujourd'hui son achèvement en une identification du soin à la seule mesure d'ordre public au nom d'une dangerosité potentielle. Il s'inscrit dans un ensemble liberticide. Depuis environ trois ans, à chaque victime exemplairement médiatisée, répond une nouvelle loi répressive.
Cette logique démagogique ose avec arrogance déclarer ne connaître que les droits de l'homme pour la victime et subordonner les droits des "autres" à leur dangerosité. Logique de juriste besogneux qui se doit d'étalonner le droit à une justice d'élimination. Logique de violence sociale qui condamne la psychiatrie à repérer, contrôler et parquer à vie les marginaux, déviants, malades, désignés potentiellement dangereux. Logique de l'abus rendu légal, enfin, puisque cette dangerosité n'est ni définie ni précisément limitée, ouvrant la voie à une extension indéfinie des mesures qui la visent. Obsession qui transforme tout accident en événement intolérable, la moindre erreur en défaillance monstrueuse, légitimant des précautions sans cesse durcies et toujours condamnées à se durcir car on ne supprimera jamais la possibilité d'un risque.
A terme, nous ne serions même pas dans la mise en place d'un système de défense sociale - historiquement institué et toujours présent dans de nombreux pays européens - à côté d'un système de soins psychiatriques "civil", mais dans le formatage d'une "flic-iatrie" dans les murs d'un asile d'aliénés postmoderne comme dans la ville.
Nous tenons à alerter du danger les familles et leurs associations, les associations de patients et ex-patients. Le projet du président de la République n'est pas une obligation de soins ambulatoire, mais bel et bien une détention ambulatoire qui sur le plan des soins se résumerait à l'injection bimensuelle ou mensuelle d'un neuroleptique à action prolongée ou à la prise forcée d'un thymorégulateur. Sur le plan de la liberté individuelle, ce projet placerait le sujet sous un régime de liberté surveillée : tutelle à la personne, assignation à résidence, bracelet électronique. Tout cela sous l'égide des services préfectoraux, des services de psychiatrie publique... et de la famille.
Pourquoi, alors, pour les soignants rechercher et travailler le consentement libre et éclairé ? Pourquoi pour les services de psychiatrie se mettre dans l'obligation d'accueillir, d'écouter, de prendre soin, de soigner, d'accompagner un sujet souffrant, c'est-à-dire de le considérer dans sa dignité et sa singularité de personne, d'individu social et de sujet de droit ?
Disons aussi aux usagers et à tous les citoyens que le soutien affiché par le chef de l'Etat à la ministre de la santé pour son projet de loi "hôpital, santé, patients et territoire", son chantage public au soutien à ses réformes, confirme qu'il n'y a pas contradiction entre politique sécuritaire et politique de réduction des moyens pour la santé et le social. De plus, il semble aussi mettre fin à la psychiatrie de secteur comme psychiatrie généraliste.
Que de vigilance obligée, que d'énergie perdue pour défendre les moyens existants face au bulldozer administratif et comptable. Pour les internés, nous savons : des moyens pour des cellules d'isolement, des unités pour malades difficiles, des vigiles et des caméras de surveillance. Quant aux personnes qui seraient soumises au traitement psychiatrique ambulatoire contraint, selon quels critères une telle mesure serait-elle prise, ou levée ?
Que nous soyons contraints de répéter une fois de plus qu'il n'y a pas à assimiler crime ou délinquance et "maladie mentale", dangerosité et "maladie mentale", nous blesse au regard des décennies de luttes et de pratiques de progrès dans le champ de la santé mentale.
Que nous soyons contraints de répéter qu'il n'y a pas de risque zéro, que les politiques dites de "tolérance zéro" n'éliminent pas la dangerosité sociale, nous fait craindre que nous tendions - loi d'attaque sociale après loi d'élimination, outrances policières ou politiques après outrances policières - au système décrit et dénoncé par Hannah Arendt : le totalitarisme ne tend pas à soumettre les hommes à des règles despotiques, mais à un système dans lequel les hommes sont superflus.
Le type de pouvoir exécutif à l'oeuvre ne laisse rien échapper, intervient sans cesse sur les professionnels pour les sanctionner et les corriger au moindre accident. Il conduit ceux-ci à l'excès de zèle pour prévenir les risques de ce qui n'est même plus excusé en tant que "bavures". Au mieux, nous avons droit aux phrases compassionnelles du chef de l'Etat.
La banalité du mal s'installe en même temps que les scandales s'accumulent : pour les sans-papiers, il faut faire du chiffre ; pour éduquer les collégiens contre la drogue, il faut faire une descente musclée de gendarmes ; pour que "justice soit faite", il faut l'affaire consternante du journaliste de Libération ou encore la menace de centres de rétention pour SDF récalcitrants.
Il ne s'agit donc guère de sagesse populaire et de vertu républicaine, mais bien d'une idéologie populiste et d'une politique sécuritaire dangereuses, qui dans le même temps poursuivent au pas de course la démolition des services publics et une politique de santé entrepreneuriale et de paupérisation.
Nous nous déclarons opposants résolus à cette idéologie et à cette politique.
Nous déclarons que nous continuerons d'y résister concrètement et solidairement. Nous appelons tous ceux qui agissent à élaborer un manifeste constituant d'un front du refus.
1- Certains d'entre nous sont parmi les acteurs, soutiens et signataires des déclarations, pétitions,actions
dont la dernière en date : Non à la perpétuité sur ordonnance— contre les lois et actes liberticides qui ont cours en continu à l'heure actuelle.
Contact : cedep.paris@wanadoo.fr
Signez ici : http://www.uspsy.fr/spip.php?articl...